The Rolling Stones

Music Aucun groupe Rock n’a (connu) la longévité des Rolling Stones. Fondé en 1962, ils ont tout connu: Elvis, l’URSS, le mur de Berlin, les punks, la disco, etc. Ils ont survécu à la drogue, l’alcool, la révolution sexuelle et Maggie Thatcher. Nous mourrons tous. Tous sauf les Stones. Véritables icônes issues au rang de légendes vivantes de la culture Rock, les Stones ont tracé leur route en assimilant parfaitement le Blues aux riffs Rock les plus éclatants. Immortels.
- 22
Albums studio (24 aux USA)
- 1,500,000
C’est l’audience à Copacabana, Rio de Janeiro
- £ 50
Le montant payé pour le logo de la langue dessiné par John Pasche (1971)
- 200,000,000
d’albums vendus dans le monde
- 1,500,000,000
revenu généré par la Rolling Stones Limited entre 1989 et 2002
Intro
Groupe de rock britannique, The Rolling Stones s’est formé en 1962 à Londres sous l’impulsion du guitariste Brian Jones (Lewis Brian Hopkins Jones né en 1942) qui a réuni autour de lui le pianiste Ian Stewart (né en 1938), le chanteur Mick Jagger (Michael Philip Jagger né en 1943) et le guitariste Keith Richards (né en 1943). Tous côtoient Alexis Korner, à l’époque le pape du blues britannique. C’est Brian Jones qui a baptisé le groupe du titre d’une chanson de Muddy Waters, Rollin’ Stone.
Charlie, Keith, Mick and Ron
Leur premier concert a lieu le 12 juillet 1962 au Marquee Club à Londres avec Tony Chapman à la batterie et à la basse Dick Taylor (qui formera en 1963 les Pretty Things). Le batteur Charlie Watts (Charles Robert Watts né en 1941) et le bassiste Bill Wyman (William George Perks né en 1936) les remplaceront bientôt et se joindront à leur tour au quatuor initial en janvier 1963. Jagger et Richards s’imposeront très vite comme auteurs-compositeurs à la place de Brian Jones trop inconstant dans son travail pour raisons sentimentales et addiction à la drogue. Ian Stewart, jugé trop vieux et peu branché sur les préférences de l’époque, est écarté en 1963 par le manager du groupe Andrew Loog, mais il continuera à collaborer avec les Stones comme régisseur de tournée, chauffeur et claviériste jusqu’à sa disparition en 1985.
À la même époque, les Rolling Stones sont recommandés par George Harrison (le guitariste des Beatles) à un directeur artistique de Decca, Dick Rose, resté dans les mémoires pour avoir refusé de faire entrer les Beatles dans son écurie. C’est donc en juillet 1963 que sort leur premier single, Come on qui sera suivi de I Wanna Be Your Man, un nouveau succès, et de la reprise de Buddy Holly, Not Fade Away. Les premiers enregistrements des Rolling Stones sont d’abord dédiés à des reprises de blues -source d’inspiration principale du groupe- qu’ils contribueront à ranimer à travers le mouvement artistique « Bristish Blues Boom » (inséparable de l’histoire du rock et de la pop anglaise), ainsi qu’à des rhythm and blues américains. C’est au mois d’avril 1964 qu’est lancé le premier album éponyme du groupe, ‘The Rolling Stones I’ où l’on voit apparaître pour la première fois le pseudonyme « Nanker Phelge », nom collectif désignant une composition réalisée par tous les membres du groupe.
D’abord populaires au Royaume-Uni, les Stones deviennent célèbres aux États-Unis. Alors que sort en janvier 1965 leur deuxième album éponyme, ‘The Rolling Stones II’, Mick Jagger et Keith Richards publient deux compositions communes très peaufinées: The Last Time en février et (I Can’t Get No) Satisfaction. Le succès est fulgurant. En septembre, même déferlante pour leur troisième album ‘Out of Our Heads’ et leur nouveau single Get Off of My Cloud.
À partir de 1966 et de l’album ‘>Aftermath’ (en avril), dont tous les titres sont originaux, les chansons de Jagger et Richards présentent une instrumentation (réalisée par Brian Jones) tout à fait inhabituelle dans le rock par l’introduction de sonorités comme celle du sitar. Dès lors, le groupe s’éloigne de ses racines blues et s’oriente vers une diversité stylistique dont il gardera le cap. Durant cette année-là, les Stones empilent les succès:
- Février: 19th Nervous Breakdown
- Mai: Paint it, Black (mai)
- Juin: Mother’s Little Helper
- Septembre: Have You Seen Your Mother, Baby, Standing in the Shadow?
Mais le groupe va bientôt s’effriter. Il est accusé d’abus de drogues que l’on retrouve au domicile de Keith Richards qui achèvera de mettre à mal le clan en chipant à Brian Jones sa petite amie Anita. Jagger, Richards et Jones sont condamnés à de la prison ferme, peines commuées en amendes. C’est dans ce climat détestable qu’est publié en décembre 1967 ‘Their Satanic Majesties Request’. C’est le 24 mai 1968 que sortira en Angleterre le single Jumpin’ Jack Flash.
En 1969, Brian Jones est expulsé du clan et disparaît peu de temps après, noyé dans la piscine de sa maison du Sussex. Lors du concert à Hyde Park en hommage à l’artiste, les Stones sont salués comme le plus grand groupe de rock du monde.
Les incontournables
Beggars Banquet (1968)
Premier album d’un carré d’as abattu par les Rolling Stones entre 1968 et 1972, ‘Beggars Banquet’ est un véritable festin rock’n’roll. Sans doute même l’un des plus grands de l’histoire du genre! Dès les premières mesures chamaniques de Sympathy for the Devil, on comprend que Mick Jagger et Keith Richards convoquent ici tous les démons de leur musique diabolique et brute. Le blues, la violence, le rhythm’n’blues, le sexe, la country, la musique africaine, la révolte, la soul, la drogue, la luxure, rien ne manque à l’appel de cette orgie électrique, à la prose satanique et crue, et portée par des guitares habitées et une rythmique minimaliste. Ici, la note bleue sue à grosses gouttes (Parachute Woman) ou s’offre totalement dénudée (Prodigal Son et Factory Girl). Là, le rock n’a jamais été aussi vénéneux et fascinant (Street Fighting Man). Richards, arme au poing, lâche des rafales de riffs de guitare démentiels tandis que Jagger chante avec une puissance et une sincérité inédites. Les Stones poursuivront sur cette lancée avec trois autres chefs-d’œuvre : Let It Bleed, Sticky Fingers et Exile on Main Street.
Source: © Marc Zisman/Qobuz
Let It Bleed (1969)
Comment surpasser, ou ne serait-ce qu’égaler, l’album Beggar’s Banquet paru en novembre 1968? En sortant un autre chef d’œuvre: Let It Bleed! Un disque hautement symbolique puisque le dernier sur lequel apparait Brian Jones retrouvé noyé dans sa piscine le 3 juillet 1969 à seulement 27 ans (son successeur Mick Taylor est sur deux titres). Enregistré entre 1968 et 1969 et produit par Jimmy Miller avec l’ingénieur du son Glyn Johns à ses côtés, Let It Bleed est surtout le grand œuvre de Keith Richards, auteur ici de solos sublimes (Gimme Shelter, You Can’t Always Get What You Want) et de séquences de slide totalement démentielles (You Got The Silver, Love In Vain).
Un festival du génie stonesien qui a surtout le mérite de ne pas se limiter au blues-rock mais de lorgner également vers la country (Country Honk), le gospel (You Can’t Always Get What You Want) et la soul music (Live With Me) pour accoucher de cette musique singulière, alliage unique que les Rolling Stones proposent ici à un niveau rarement égalé. Pour son 50e anniversaire, ce chef-d’œuvre absolu a été remastérisé par Bob Ludwig, permettant ainsi d’admirer sous un nouvel éclairage la voix de Jagger sur Love in Vain ou la guitare de Richards sur Midnight Rambler. Essentiel. Source: © Marc Zisman/Qobuz
Mick Taylor remplace Brian Jones jusqu’en 1974; la longue période de sa collaboration au sein du groupe sera celle de l’apogée des Rolling Stones, en raison de la virtuosité du guitariste mais aussi de la disparition des Beatles qui leur permet d’occuper le devant de la scène mondiale. La place vacante que laisse Mick Taylor est reprise, et toujours occupée actuellement, par Ronnie Wood, l’ancien guitariste des Faces jouera un rôle important en venant à la rescousse de Keith Richards de plus en plus asservi à l’héroïne.
Sticky Fingers (1971)
Derrière la braguette «conçue» par Andy Warhol se cache une nouvelle orgie opiacée et lysergique ([sic] hallucinogène?) où le rock’n’roll, le blues, la country et le rhythm’n’blues copulent à tout-va! Après l’enchaînement fou des essentiels Beggars Banquet et Let It Bleed, Mick Jagger et Keith Richards signent sur cet album paru le 23 avril 1971 des compositions toujours aussi impressionnantes, aux riffs de guitare carnassiers (Brown Sugar), hantés par les drogues dures (Sister Morphine). Sur ces doigts collants, on trouve de la sensualité démoniaque (Wild Horses), des thèmes violemment percussifs (Sway) ou salement blues et poisseux (You Gotta to Move). Avec l’aide de la crème des musiciens de l’époque (Ry Cooder, Jim Dickinson, Bobby Keys, Nicky Hopkins, Paul Buckmaster…), ce chef-d’œuvre est aussi le premier Stones 100% sans Brian Jones, avec des débuts époustouflants de Mick Taylor (Can’t You Hear Me Knocking). Sans hésitation l’un des dix plus grands disques de l’histoire du rock’n’roll. Source: © Marc Zisman/Qobuz
Les années 70 leur apporteront encore de beaux succès: l’album live ‘Get Yer Ya-Yas Out!’ (1970), ‘Sticky Fingers’ (1971), ‘Exile on Main St.’ (1972) considéré comme l’un de leurs plus grands disques, ‘Goats Head Soup’ (1973) dont la chanson Angie est un tube mondial, ‘It’s Only Rock’n’Roll’ (1974), ‘Black and Blue et Love You Live’ (1976), ‘Some Girls’ dont le nouveau tube Miss you (1978).
Exile On Main Street (1972)
Obscur et lumineux. Comme une cave sur la Côte d’Azur. C’est là que la bande de Jagger et Richards – fuite fiscale oblige – a mis en boîte le gargantuesque ‘Exile on Main Street’, festin de toute une vie où les plats sont country (Sweet Black Angel, Sweet Virginia), gospel (Shine a Light), blues (Shake Your Hips) et viscéralement rock’n’roll (le Rocks Off d’ouverture ou le cultissime Happy braillé par Keith Richards). Les Rolling Stones ont beau être au sommet de leur gloire et du star-system, ce chef-d’œuvre est sculpté dans la tripe, sombre et sale côté son, sincère et brut côté style. Rarement les musiques roots américaines (country, blues, folk) n’auront été conjuguées avec autant d’originalité. Jagger chante comme un gourou habité. Richards taille des riffs de guitare plus sublimes et tranchants les uns que les autres. On cherche encore la moindre faille dans ce double album considéré par beaucoup comme le plus grand de leurs auteurs…
Source: © Marc Zisman/Qobuz
Malgré des tensions entre Richards et Jagger, les années 80 livreront ‘Emotional Rescue’ (juin 1980),’Tattoo You’ (août 1981) contient le cultissime Start Me Up], ‘Still Life’ (live, 1982), ‘Undercover’ (novembre 1983). L’année 1985 est marquée par le décès de Ian Stewart à la suite d’une crise cardiaque, en plein enregistrement de ‘Dirty Work’ (mars 1986) qui marque encore une période difficile comme le suggère le titre de l’album. Mais ‘Steel Wheels’ sorti en août 1989 ouvre un épisode de renouveau qui verra les Stones unis et retrouver un second souffle ensemble dont le public sera témoin lors des tournées qui ont suivi. En 1993, c’est au tour de Bill Wyman de quitter le groupe. Il sera remplacé par Darryl Jones. Nouveau changement qui n’empêche pas les Rolling Stones de signer en 1994 un énième succès, ‘Voodoo Lounge’, qui vient confirmer leur retour gagnant. En 2002-2003, leur tournée mondiale à l’occasion du 40e anniversaire du groupe les fait renouer avec la gloire. En 2012, c’est la célébration des 50 années de leur carrière avec un coffret « Best of » de 3 CD ‘GRRR!’ agrémenté de 2 nouvelles chansons enregistrées au mois d’août, Doom and Gloom et One last shot. En fin d’année sont programmés deux concerts à Londres et deux autres à New York qu’ils ont répétés dans un studio près de Paris.
Malgré leur image de mauvais garçons, les Rolling Stones reçoivent honneurs et consécration. Ils sont entrés au « Rock and Roll Hall of Fame » en 1989, leur album ‘Voodoo Lounge’ (1994), disque certifié double platine, remporte le « Grammy Award » du meilleur album rock, et Mick Jagger est anobli par la reine d’Angleterre en 2003. Leur bilan: plus de 22 albums studio au Royaume-Uni et 24 aux États-Unis, 8 albums live et 9 aux États-Unis, 32 compilations. En 1990, le groupe estimait avoir vendu plus de 200 millions d’albums dans le monde. Huit fois de suite, ils se hisseront à la première place des hit-parades (USA comme UK); dans le Billboard Hot 100, ils seront à la deuxième en nombre de succès (USA), et dans le magazine Rolling Stone en quatrième position dans la liste des 100 plus grands artistes de tous les temps.
Quelques dates clés
- 12 juillet 1962
Le groupe The Rolling Stones donne son 1er concert au Marquee Jazz Club (Londres)
- 20 octobre 1964
Les Stones se produisent pour la 1ère fois à l’Olympia à Paris
- 8 décembre 1967
Sortie de l’album ‘Their Satanic Majesties Request’ décevant, enregistré sous l’emprise du LSD
- 6 décembre 1968
Sortie de ‘Beggars Banquet’
- 8 juin 1969
Brian Jones, guitariste des Rolling Stones, quitte le groupe. Mick Taylor le remplace.
- 5 juillet 1969
Les Rolling Stones rendent hommage à Brian Jones en donnant un concert gratuit dans Hyde Park à Londres
- 5 décembre 1969
Les Rolling Stones sortent leur album ‘Let It Bleed’
- 6 décembre 1969
Les Rolling Stones donnent un concert gratuit à Altamont (Californie): un jeune Noir, Meredith Hunter, y est tué par le service d’ordre
- 23 avril 1971
Les Rolling Stones sortent l’album rock ‘Sticky Fingers’ avec la pochette braguette créée par Warhol
- 12 mai 1972
Sortie de l’album ‘Exile On Main Street’
- 1 juin 1975
Les Rolling Stones ouvrent leur tournée américaine à Bâton-Rouge. Wood fait ses débuts sur scène avec le groupe
- 29 septembre 1997
Les Rolling Stones sortent leur album rock ‘Bridges to Babylon’
Quelques sites de référence clés
- The RollingStones.com : Le site officiel
Embarquez pour l’ultime expérience avec les Rolling Stones et plongez dans leurs albums et leurs tournées à travers le monde. Les inconditionnels ont trouvé leur sanctuaire en ligne. Une mine d’extraits audio, vidéo et de photos d’archive
- Keno.org
Le site d’un fan de la 1ère heure. Ce site contient une multitude de documents incroyables. À voir absolument!